Jacques Perrin, 2001



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Oiseaux migrateurs et paysages éternels. Traverser les continents en compagnie de divers groupes de volatiles, c’est ce que propose LE PEUPLE MIGRATEUR. Cette invitation au voyage est d’abord un film superbe, un hymne magnifique à la nature, et seulement ensuite un documentaire animalier.
Au début, le film précise qu’il a été tourné sans trucages, ce qui surprend puisque après tout il ne s’agit ni de THE LORD OF THE RINGS ni de TERMINATOR 3. Cependant très vite on comprend pourquoi telle mention a été faite : La qualité des images et la proximité des oiseaux en vol sont telles qu’on a du mal à croire à la réalité de ce qu’on voit.
Spectacle fascinant, LE PEUPLE MIGRATEUR convie à une sorte de contemplation ensorcelante, interrompue ici et là par des moments d’émotion soudains, l’humour et la cruauté venant rappeler qu’il ne s’agit pas d’un rêve mais d’un voyage, mais de la vie.
La force principale du film réside dans la retenue des commentaires. C’est elle qui confère à tous ces moments de cruauté ou d’humour un impact si grand. En les réduisant au même traitement que d’autres scènes anodines, le réalisateur parvient à souligner aussi légèrement qu’efficacement leur terrible ou irrésistible banalité.
On peut toutefois regretter que Jacques Perrin ne soit pas allé un peu plus loin et n’ait pas carrément supprimé tout ce qui arrache le spectateur à sa rêverie. Qui a besoin, même en quantité modérée, d’entendre Philippe Labro parler anglais quand images et musique sont d’une telle beauté ? Qui a besoin de se laisser distraire par la lecture du nombre exact de kilomètres que parcourent telle ou telle espèce alors même qu’on est en train se survoler avec elles des paysages magnifiques ?
Quoi qu’il en soit, LE PEUPLE MIGRATEUR se démarque aisément du didactisme de Discovery Channel et, à l’instar de certaines boissons donnant au spectateur des ailes, constitue un irrésistible appel à la liberté ; c’est-à-dire à la nécessité tant les deux notions se confondent ici en une seule et même idée : survivre.
Edmond de Saint-Pierre
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