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302

Posted by admin

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L E M A L I N P E T I T C A N A R D
- F I L M O C T O B R E -
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N° 302
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Au sommaire :

1. COLLATERAL / VÄÄRÄ AIKA VÄÄRÄ PAIKKA 4/5
2. HIP HEI HUTSU! / HIP HIP HORA! 3/5
3. TINTTI JA MINÄ / TINTIN ET MOI 3/5
4. POPULÄÄRIMUSIIKKIA VITTULAJÄNKÄLTÄ 3/5
5. ZATOICHI – SOKEA SAMURAI 3/5
6. MEDUSAN ISKU / THE BOURNE SUPREMACY 2/5
7. LUTHER 2/5
8. KISSOJEN VALTAKUNTA / NEKO NO ONGAESHI 2/5
9. BOLTSIT PELISSÄ / DODGEBALL 2/5
10. KUKKIA JA SIDONTAA 2/5
11. RESIDENT EVIL : APOCALYPSE 1/5
12. LEHMÄJENGI / HOME ON THE RANGE 1/5
13. I, ROBOT 1/5

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COLLATERAL / VÄÄRÄ AIKA VÄÄRÄ PAIKKA
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Michael Mann, 2004
Avec Tom Cruise, Jamie Foxx, Jada Pinkett Smith, Paul Adelstein
http://www.collateral-themovie.com

A Los Angeles, un chauffeur de taxi se trouve obligé de convoyer
toute une nuit durant un tueur à gages dans l’exercice de ses
fonctions. Thriller existentiel remarquablement stylisé,
COLLATERAL offre à Michael Mann une nouvelle occasion de
briller.

Mélangeant pellicule et vidéo digitale, Michael Mann réussit à
faire de la ville des anges un endroit inhumain qui frise le
surréalisme (les coyotes sont entrés dans Los Angeles!
Littéralement.). Si COLLATERAL est un thriller, il l’est par
accident. C’est d’abord un film d’atmosphère, un film à
l’argument quasi théâtral où un tueur à gages au costume hyper
serré et un chauffeur de taxi aux rêves inaboutis discutent de la
vie.

Tom Cruise qui a troqué son sourire habituel contre des cheveux
gris argenté et un costume assorti qu’il porte comme une seconde
peau se révèle stupéfiant. Froid, impitoyable, sans état d’âme.

Ce qui séduit dans COLLATERAL, ce sont tous ces éléments
inattendus qui lui font dépasser les limites de son genre. Alors
quand, heureusement lentement mais malheureusement sûrement,
le film se dirige vers son inéluctable conclusion et que le thriller
reprend clairement le dessus, on ne peut s’empêcher de le regretter
tant le dénouement attendu semble indigne de ce qui le précède.

4/5

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HIP HEI HUTSU! / HIP HIP HORA!
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Teresa Fabik, 2004
Avec Amanda Renberg, Björn Kjellman, Ellen Fjaestad, Linn
Persson, Filip Berg
http://www.hiphiphora.com/

Découvrant leurs premières sorties et leurs premiers garçons, trois
jeunes filles mettent à rude épreuve leur amitié d’enfance. Du rêve
au cauchemar pour finalement aboutir au compromis, HIP HIP
HORA! embarque le spectateur pour une expédition qui s’appelle
l’adolescence.

La première partie de cette comédie destinée à la jeunesse décrit
avec beaucoup de justesse et de sensibilité la difficulté d’être des
adolescents, leur méchanceté, leur souffrance, leur recherche de
reconnaissance. Les acteurs sont en général plutôt convaincants et
les terribles malheurs de la jeune héroïne ne laissent pas
indifférents. HIP HIP HORA! semble alors relever plus du drame
réaliste que de la comédie adolescentes à l’américaine.

Malheureusement, c’est en manipulant certains clichés malvenus
et en décidant tout à coup de réduire à des marionnettes ses
personnages que le film se dirige artificiellement vers une happy
end un peu indigne de lui.

Quoiqu’il en soit, même si HIP HIP HORA! n’est pas aussi fort
que FUCKING ÅMAL, le film de Teresa Fabik parvient assez
miraculeusement à faire un peu oublier sa conclusion coupable en
s’achevant sur une scène très amusante qui ne sera sans doute pas
sans conséquences sur la manière dont vous manipulerez votre
prochaine bouteille de Ketchup !

3/5

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TINTTI JA MINÄ / TINTIN ET MOI
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A. Ostergaard, 2003
Avec Herge, Michel Farr, Numa Sadoul, Harry Thompson, Fanny
Remi

Documentaire dans lequel le papa de Tintin se raconte.
Accompagné de bout en bout par la voix même de Hergé, TINTIN
ET MOI ne propose pas seulement une source d’informations
indispensable pour tintinophiles, tintinologues ou autres
tintinomaniaques mais peint aussi le portrait édifiant d’un homme
prisonnier, pour le meilleur et pour le pire, de son éducation
catholique.

Construit à partir des bandes sonores inédites que Numa Sadoul
avait réalisées en 1971 pour un recueil d’entretiens, TINTIN ET
MOI se présente comme une version non censurée de ladite
interview. Homme secret, pudique et soucieux de son image,
Hergé n’avait pas autorisé à l’époque le jeune journaliste à utiliser
la totalité de ses déclarations pour son livre.

TINTIN ET MOI n’est donc rien d’autre que l’illustration d’un
enregistrement audio. Habile mais forcément limitée, celle-ci se
compose bien entendu de nombreux extraits des albums de BD, de
photos, de quelques interviews, et d’un Numa Sadoul encore ému.
On y retrouve des procédés rappelant ceux utilisés avec bonheur
dans THE KID STAYS IN THE PICTURE (2002) : la caméra se
promène dans une photo (ou un dessin) qui subitement prend
profondeur et relief. Par contre, l’utilisation répétitive d’un Hergé
dessiné et animé qui s’exprimerait à sa table de travail ne fait
assurément pas partie des meilleures idées du documentaire.

Ce qui est captivant dans TINTIN ET MOI, c’est que très vite on
s’aperçoit que les aventures du jeune reporter sont
inextricablement liées certes aux événements du XXème siècle
mais aussi aux tensions de la vie privée de l’auteur belge.

3/5

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POPULÄÄRIMUSIIKKIA VITTULAJÄNKÄLTÄ
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Reza Bagher, 2004
Avec Andreas af Enehielm, Max Enderfors, Tommy Vallikari,
Niklas Ulfvarson, Björn Kjellman

Deux amis membres d’une communauté finnophone dans la
Laponie suédoise des années 60 grandissent dans un trou (la bien
nommée Vittula) dont ils pensent pouvoir sortir par la musique.
Amusant, et tragique, POPULÄÄRIMUSIIKKIA
VITTULAJÄNKÄLTÄ raconte une belle histoire, mâtinée d’un
récit initiatique édifiant.

Ne parlant correctement ni le finnois, ni le suédois, habitant dans
un village frontière, les deux adolescents se retrouvent
littéralement scotchés au mur quand ils entendent pour la première
fois « Rock’n Roll music » : ils trouvent dans la musique des
Beatles les repères identitaires qui leur manquent.

Adapté du roman à succès de Mikael Niemi,
POPULÄÄRIMUSIIKKIA VITTULAJÄNKÄLTÄ béneficie en
plus de sa remarquable intrigue de la participation de très bons
acteurs. Notamment Andreas af Enehielm qui incarne avec
beaucoup de charisme Niila, le véritable héros du film ; Kati
Outinen douloureusement touchante dans le terrible rôle de sa
mère soumise à la volonté d’un mari violent et fondamentaliste ou
encore l’excellent Björn Kjellman incarnant l’exotique et
savoureux professeur de musique qui changera la vie des deux
adolescents

Peuplé de personnages pittoresques, d’épisodes plaisants voire
très drôles, et de scènes dramatiques, POPULÄÄRIMUSIIKKIA
VITTULAJÄNKÄLTÄ se révèle cependant trop riche pour son
propre bien. Son principal défaut est de ne pas durer plus
longtemps, ne permettant pas à ses nombreux personnages de se
développer à leur rythme.

Iranien d’origine, Reza Bagher signe le meilleur film
« finlandais » de l’année.

3/5

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ZATOICHI – SOKEA SAMURAI
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Takeshi Kitano, 2003
Avec Beat Takeshi, Tadanobu Asano, Michiyo Ogusu, Yui
Natsukawa
http://www.zatoichi.co.uk/

Un masseur aveugle et cependant maître dans le maniement du
sabre nettoie une ville tenue par des truands. Film composite très
surprenant, ZATOICHI mêle violence hyper réaliste, humour
énorme et comédie musicale !

En faisant revivre Zatoichi, protagoniste de 26 films de série B
dans les années 60 et 70 au Japon, Takeshi Kitano en profite pour
incarner le rôle-titre et donner ainsi sa propre interprétation pour
le moins contrastée du masseur aveugle.

Les combats sont nombreux, précisément chorégraphiés et
incroyablement rapides si on les compare à HERO de Zhang
Yimou ou à CROUCHING TIGER, HIDDEN DRAGON de Ang
Lee. Certes des effets digitaux ont ici aussi été utilisés mais ce
n’est pas pour permettre à un combattant de s’envoler ou de rester
suspendu dans les airs, ils n’ont ici qu’un but : faire gicler le sang
plus abondamment, plus spectaculairement, et permettre à
quelques morceaux de chair de quitter leur gare corporelle
gracieusement ! Mais n’allez pas croire pour autant que ce
spectacle riche en hémoglobine se réduit à un violent film de
sabres car comme si de rien n’était, dès la première scène, l’hyper
violence côtoie l’humour le plus saugrenu.

Et c’est dans ce saisissant contraste que se trouve le cœur du film,
car à l’image de son personnage principal de vieillard pataud et
aveugle qui dissimule un guerrier invincible, ZATOICHI traite du
caractère trompeur des apparences. Les femmes sont parfois des
hommes, les gentils sont parfois méchants et les méchants peuvent
être plutôt bonhommes. Le film souligne d’ailleurs sa théâtralité
avec d’étonnants numéros musicaux, le travail des ouvriers se
transformant imperceptiblement en remarquables numéros de
percussion.

Méfions-nous donc des apparences et rappelons-nous que ce qui
rend Zatoichi invincible, c’est sa cécité. S’il voit mieux que les
autres, c’est apparemment parce qu’il ne voit pas ! Mais au fait,
est-il vraiment aveugle?

3/5

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MEDUSAN ISKU / THE BOURNE SUPREMACY
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Paul Greengrass, 2004
Avec Matt Damon, Franka Potente, Joan Allen, Tomas Arana,
Brian Cox, Julia Stiles,
http://www.thebournesupremacy.com/

Assassin amnésique, Jason Bourne, victime d’une machination, se
retrouve traqué par la CIA pour répondre d’un crime qu’il n’a pas
commis. Reprenant les ingrédients excitants de THE BOURNE
IDENTITY (2002), le film de Paul Greengrass se charge
cependant de les anéantir en les accommodant d’une réalisation
névrotique.

Faisant donc suite à THE BOURNE IDENTITY, cette deuxième
adaptation des aventures du héros de Robert Ludlum, voit donc
Paul Greengrass remplacer Doug Liman à la réalisation. La
différence de style se révèle pour le moins sensible. Ce n’est pas
que Monsieur Liman ait une manière éminemment personnelle
mais c’est plutôt que Monsieur Greengrass en a une éminemment
radicale : THE BOURNE SUPREMACY est composé d’un
amoncellement de gros plans capturés avec une caméra
bringuebalante.

Transformée en microscope, cette caméra qui ne tient pas en place
rend souvent illisibles certaines scènes, notamment les scènes
d’action. Poursuite en voitures, corps à corps ou fusillade, même
recette : des plans abscons se succèdent à un rythme effréné.

Ceci est d’autant plus dommage que de cet anarchique hachis
cinématographique se dégage un convaincant parfum
d’espionnage où paranoïa, absurde et mystère pourraient se mêler
agréablement.

2/5

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LUTHER
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Eric Till, 2004
Avec Joseph Fiennes, Alfred Molina, Jonathan Firth, Sir Peter
Ustinov, Bruno Ganz, Claire Cox, Maria Simon, Mathieu Carrière
http://www.lutherthemovie.com

Portrait squelettique du moine allemand qui s’est opposé aux
dérives de la toute puissante église romaine, LUTHER offre une
convaincante reconstitution historique mais simplifiant les choses
à l’extrême, ne parvient pas à présenter des personnages crédibles.

L’évolution de Martin Luther telle qu’elle est présentée dans ce
film est proprement stupéfiante. D’une phase à l’autre de sa vie on
a du mal à reconnaître la même personne. Il passe sans transition
du moine modèle au moine tourmenté par le doute, de l’élève
curieux et respectueux au théologien hardi et railleur, chacune de
ces transformations semblant se produire sous l’effet d’une
baguette magique.

On peut certes, comprendre que couvrir 25 ans d’une vie aussi
riche que celle de Luther en deux heures tient de la gageure.
Cependant ça ne peut constituer une excuse valable pour proposer
une vision du monde où l’ambiguïté individuelle n’a pas sa place,
où on serait bien en mal de confondre les bons et les méchants.
Une vision du monde qui appauvrit singulièrement le film.

Et même si c’est plus anecdotique, comment s’empêcher de
regretter que Luther, moine allemand, passe tout le film à parler
anglais ? A cet égard, le comble du vice étant d’avoir fait appel à
l’excellent Bruno Ganz pour le rôle du directeur spirituel de
Luther. Car si on peut, à la limite tolérer que Joseph Fiennes joue
un moine allemand en parlant anglais, il est plus difficile de
comprendre pourquoi il est nécessaire d’utiliser un acteur
allemand pour le faire parler… anglais.

Eric Till ne signe pas ici un film franchement désagréable mais, à
l’image de la prestation cabotine de Peter Ustinov, le moins qu’on
puisse dire, c’est qu’il ne fait pas dans la nuance !

2/5

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KISSOJEN VALTAKUNTA / NEKO NO ONGAESHI
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Hiroyuki Morita, 2002
http://www.kissojenvaltakunta.fi/

Conte de fées dans lequel une jeune Japonaise en quête d’identité
fait une visite au Royaume des chats. Histoire banale, animation
très moyenne et réalisation bien plate, NEKO NO ONGAESHI
déçoit.

Issu des légendaires studios Ghibli d’où sont sortis les célèbres
dessins animés de Miyazaki (LE VOYAGE DE CHIHIRO) ou de
Takahata (LE TOMBEAU DES LUCIOLES), NEKO NO
ONGAESHI devait incarner la relève, la nouvelle génération.

Les espoirs étaient donc importants, le nom de Miyazaki figurant
même au générique pour la conception de l’histoire pourtant
inspiré d’un manga ( !?). N’ayant vu aucun des films précédents
des studios Ghibli, je me faisais une joie à l’idée d’aller voir le
dessin animé de Monsieur Morita. La déception n’en fut que plus
grande.

Ceci dit, NEKO NO ONGAESHI n’est pas antipathique mais
semble s’adresser prioritairement aux enfants. Cinéma Mondo, le
distributeur finlandais, ne s’y est pas trompé : pour la première
fois, ils présentent un dessin animé doublé en finnois !

2/5

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BOLTSIT PELISSÄ / DODGEBALL
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Rawson Marshall Thurber, 2004
Avec Ben Stiller, Vince Vaughn, Christine Taylor, Rip Torn, Joel
Moore
http://www.dodgeballmovie.com/

Pour sauver leur petite salle de gym, un groupe d’amis va
participer à un championnat de balle au prisonnier. Parodie de
films de sport et comédie à tendance sadique, dans le genre
spectacle stupide et conscient de l’être, DODGEBALL est une
véritable réussite.

Les héros du film forment une singulière équipe composée
d’incroyables misfits qui, à ce titre, vont s’en prendre plein la tête.
Au propre comme au figuré. DODGEBALL fait partie de ces
films qui aiment faire des clins d’oeil au spectateur et qui, fort de
cette complicité, n’hésitent pas à maltraiter ses protagonistes.

Si Ben Stiller change radicalement de personnage, il continue
cependant à explorer son apparente inclination naturelle au
masochisme. Il incarne ici le propriétaire d’une florissante chaîne
de centres de fitness, rival du héros dont il veut à tout prix
racheter la salle de gym. Obsédé par son apparence physique et
fier de son succès commercial, cette caricature démesurée et
souvent savoureuse, s’éloigne donc résolument des personnages
peu sûr d’eux et maladroits dont Monsieur Stiller s’est fait une
spécialité. Il finira pourtant lui aussi par subir toute sorte
d’humiliation. Ben Stiller en fait des tonnes, entretient des
rapports étranges avec les pizzas, et arbore une coupe de cheveux
et une moustache qui à elles seules valent le déplacement.

Pour les amateurs de bicyclettes, entre autres célébrités qui font de
courtes apparitions dans le film, on peut noter la présence de
Lance Armstrong qui saura, au moment critique, indiquer au
personnage principal la juste voie. Si le scénario est très faible,
certains gags sur fond de sadisme inattendu font souvent mouche.
Car dans DODGEBALL, personne n’est à l’abri. Pas plus le
spectateur qui estime que ce film est stupide que les personnages
qui se croient les héros.

2/5

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KUKKIA JA SIDONTAA
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Janne Kuusi , 2004
Avec Sari Havas, Simo Routarinne, Sari Siikander, Outi Mäenpää,
Kari-Pekka Toivonen, Tobias Zilliacus
http://www.kukkiajasidontaa.fi/

Avec l’équarrissage du cochon et la confection de la saucisse pour
activités principales, une petite communauté va se déchirer. Sur
fond de Satana, p****** et autres v****, KUKKIA JA SIDONTAA
est un film finlandais presque sans surprise, une tragi-comédie à la
pesanteur sociale écrasante.

Commençons d’abord par le déconseiller fortement aux
végétariens. La première séquence composée d’un peu ragoûtant
montage qui alterne entre l’équarrissage d’un porc et l’activité
sexuelle d’un couple leur ferait quitter la salle précipitamment.

Cette séquence présente cependant l’avantage de donner le ton du
film. On y assiste au mélange classique : sexualité sans érotisme,
mélodrame misérabiliste, humour burlesque et alcooliques
pathétiques. KUKKIA JA SIDONTAA progresse en suivant de
singuliers virages narratifs, énormes à la mesure de son
symbolisme mâtiné d’humour.

Membre de la compagnie Stella Polaris, les acteurs improvisent de
manière très convaincante. Sans doute par souci de cohérence
stylistique, ces derniers sont filmés à grands coups d’une caméra
qui passe de l’un à l’autre à la vitesse de l’éclair. Initiative un peu
malheureuse, la réalisation finissant par laisser une persistante
impression de bâclage.

La seule source de lumière de ce film qui présente une réalité bien
sombre est sa situation. Il se passe entièrement à Porvoo.
Contraste saisissant entre la charmante ville en bois et sa
déprimante population en chair et en sang!

2/5

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RESIDENT EVIL : APOCALYPSE
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Alexander Witt, 2004
Avec Milla Jovovich, Oded Fehr, Sienna Guillory, Thomas
Kretschmann, Jared Harris
http://www.sonypictures.com/movies/residentevilapocalypse/

Sous l’emprise d’un terrible virus, les rues de Raccoon city se
gonflent de zombies. Prisonnière de la ville bouclée, Alice se
retrouve avec quelques compagnons d’infortune au pays des
horreurs. Spectacle bien pauvre en comparaison duquel les
premières aventures de la sexy guerrière prennent des allures de
chef-d’œuvre, RESIDENT EVIL : APOCALYPSE ne satisfera
que les inconditionnels du jeu et les amateurs de femmes
courtement vêtues et longuement armées.

Faisant suite à RESIDENT EVIL (2002), ce nouvel opus continue
donc à décliner la version cinématographique du jeu vidéo à
succès. Et sans doute plus encore que son prédécesseur qui, lui,
possédait de réjouissants éléments de vrai film de série B (même
s’il ne s’agissait que de 5 minutes au début et 5 minutes à la fin),
RESIDENT EVIL : APOCALYPSE paraît revendiquer ses
origines. Dissimulé par un prétexte aussi épais que du papier à
cigarettes transparent, le véritable et seul objectif des
protagonistes est de tuer tout ce qui bouge (ce qui n’est pas plus
mal d’ailleurs car c’est quand les personnages, se détournant de
leur vocation première, se mettent à parler que le film se révèle le
plus irritant).

Ce qui semble apparaître comme de nombreux clins d’œil au jeu
réjouira sans doute les adeptes. Pour les autres, le film manquera
cruellement de personnages, de scénario et de dialogues
supportables. Autant d’éléments qui ne devraient pas empêcher
une Alice toujours légèrement fagotée et lourdement équipée de
traverser bientôt le troisième volet de ses propres aventures!

1/5

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LEHMÄJENGI / HOME ON THE RANGE
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Will Finn, John Sanford, 2004
Avec les voix de Roseanne, Judi Dench, Jennifer Tilly, Randy
Quaid, Cuba Gooding, Jr., Charlie Haid, Ann Richards
http://disney.go.com/disneyvideos/animatedfilms/homeontherange

Pour obtenir l’argent nécessaire à sauver la modeste et
sympathique exploitation agricole dont elles font partie, trois
vaches vont jouer les chasseurs de prime. Sans doute dernier
dessin animé des studios Disney où l’ordinateur ne régnera pas en
maître, ce western bovin n’a qu’un mérite : enterrer la technique
traditionnelle en s’assurant que personne ne la regrettera!

Dans la lignée de BROTHER BEAR (2003), les studios Disney
présente un nouveau film à l’intérêt très limité. Ni amusants, ni
émouvants, les personnages de HOME ON THE RANGE sont
simplement pour la majeure partie du film ennuyeux. Les studios
Disney ont décidément bien du mal à se hisser à la hauteur d’une
concurrence dominée par PIXAR (qu’ils viennent de perdre). En
plus graphiquement, le film n’est comment dire… pas à couper le
souffle.

C’est en effet dans des décors passablement indigents que se
promènent les personnages exagérément anguleux et souvent
paresseusement animés de ce dessin animé vieille école,
entièrement fait à la main, avec numéros musicaux.

Vivement demain !

1/5

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I, ROBOT
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Alex Proyas, 2004
Avec Will Smith, Bridget Moynahan, Alan Tudyk, James
Cromwell, Bruce Greenwood
http://www.irobotmovie.com/

En 2035, dans un monde où les robots font partie du quotidien, un
officier de police les suspecte de présenter une menace pour les
humains. Enorme déception, le nouveau film d’Alex Proyas se
réduit à un véhicule publicitaire doté d’effets digitaux admirables.

De manière certes moins caricaturale que Schwarzenegger, Van
Damne ou Vin Diesel, Will Smith fait néanmoins partie de ces
acteurs qui ont arrêté de jouer : ceux qui, de film en film,
n’interprètent plus qu’un personnage, le leur. Ainsi Will Smith,
sorte de Fonzie post-moderne, promène sa personne éminemment
cool, comme il se doit, parmi les robots. On ne serait d’ailleurs
pas étonné d’apprendre que c’est lui qui a entièrement décidé du
costume de SON personnage (sauf des baskets bien sûr, cf. le
dernier paragraphe).

Concernant Alex Proyas, s’il montre qu’il sait régler les scènes
d’action, il déçoit terriblement pour l’essentiel. Alors que la force
de films comme THE CROW (1994) ou DARK CITY (1998)
résidaient dans leur atmosphère, I, ROBOT en est, lui,
complètement dénué. L’ambiance familière qu’on y retrouve ne
doit pas grand chose à l’univers sombre et gothique du réalisateur
australien mais beaucoup plus aux recettes classiques des
blockbusters américains.

Bien sûr, on ne peut qu’admirer la CGI mais comme nous le
savons « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » : I,
ROBOT se situe à des années-lumière émotionnelles de BLADE
RUNNER (1982) ou A.I.(2001).

Ne reste de ce film, au final, qu’une dégoûtante impression. Celle
d’avoir été volé sur la marchandise. On entre pour se mettre sous
la paupière l’adaptation d’un récit de science-fiction d’Isaac
Asimov et on ressort ayant assisté à un gigantesque et luxueux
clip publicitaire pour Audi et Converse. Beurk !

1/5

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Edmond de Saint-Pierre
esp @ ranska.net

Autres critiques de films actuellement à l’affiche:
http://www.ranskan-kulttuuri.net

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Ce bulletin n’a d’autre but que de vous servir.
Nous vous serions reconnaissants de nous adresser
critiques et suggestions.
>> Notre adresse : canard @ ranska.net

Vous ne souhaitez plus recevoir le Malin Petit Canard ?
>> E-mail : canard-bye @ ranska.net

Les maitres de la toile vous saluent.
Vincent Lefrançois et Frédéric Nozais

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