Larry ja Andy Wachowski, 2003
Avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving


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La guerre contre les machines continue et Neo qui maintenant se déplace comme Superman a de moins en moins de mal à se persuader qu’il est l’Élu. Succession de scènes de combats un peu répétitives et de lourdes discussions explicatives sur le destin, le choix, la fatalité et le pourquoi, THE MATRIX RELOADED ne satisfera que les inconditionnels. Les autres devront attendre novembre et la dernière partie de cette trilogie pour savoir si THE MATRIX est une bulle de savon ou une idée épatante.
Il est préférable d’avoir une certaine familiarité avec la première partie de cette trilogie pour ne pas être complètement perdu. Le séduisant postulat du premier film posait que notre réalité, notre monde ne sont qu’une illusion créée par des machines qui font des humains leurs esclaves et que certains d’entre eux ayant réussi à s’affranchir de cette illusion étaient en guerre contre lesdites machines.
Panachage de comics, de jeux vidéo, de kung-fu et de philosophie, THE MATRIX RELOADED fait aussi bien référence à la bible qu’à Superman, à la mythologie grecque qu’à THE INVISIBLES. Le problème essentiel de cette deuxième partie est que, du point de vue du récit, elle semble complètement inutile. Pour caricaturer, quand le premier film s’arrête Neo est prêt à combattre les machines, quand le deuxième film s’arrête, Neo est vraiment prêt à combattre les machines. A vrai dire, dans THE MATRIX RELOADED, philosophie new age et scènes de combat se succèdent plus qu’elles ne s’enchaînent. Ca tient davantage de la galerie d’expo que de l’ouvrage narratif.
Ceci dit, certains de ces combats sont particulièrement réussis et plaisants et le film comporte une étonnante poursuite automobile filmée sous des angles impossibles. Le sens visuel très sûr de Messieurs Wachovski se reflète aussi dans les décors et les costumes.
Zion, endroit reculé où habitent les humains affranchis est un univers fourmillant aussi crasseux qu’ahurissant et les costumes constituent, comme dans la première partie, un des éléments cruciaux du film, ce qu’illustre bien l’élégant manteau porté par Keanu Reeves qui tient à la fois de la cape de Superman, du manteau de samurai et de l’habit sacerdotal.
Si dans le Matrix, un personnage semble vivant, on peut être certain d’une chose : ce n’est pas un humain, c’est seulement un programme informatique à forme humaine ! (Par exemple, le programme informatique interprété par Lambert Wilson, savoureux hédoniste à l’accent soooo frenchy, qui est LA carte humoristique du film). Car si les héros humains de THE MATRIX se définissent par leurs vêtements et leurs lunettes, ils le font aussi par leur inexpressivité. Et c’est sans doute cette attitude qui, peut-être encore davantage que les costumes fera vieillir le film très vite.
Edmond de Saint-Pierre
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