James Wan, 2004
Avec Cary Elwes, Monica Potter, Danny Glover, Leigh Whannell



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Prisonniers d’une salle de bains sordide, deux inconnus sont transformés en pions pour psychopathe très joueur. Thriller horrifique doté d’un premier quart d’heure remarquable, SAW ne tient malheureusement aucune de ses promesses.
L’étonnante tension dramatique du début s’abîme dans une parenthèse où d’inutiles flash-back se lisent comme un menu de scènes révoltantes. Le film perd alors tout rythme narratif et l’horreur elle-même, victime d’un montage en accéléré tend à terriblement s’atténuer. Et puis, cerise empoisonnée sur un gâteau de moins en moins appétissant, l’acteur principal, Cary Elwes, après avoir été passablement irritant, verse carrément dans le ridicule. Ilot d’humour (involontaire) dans un océan de sadisme, sa prestation fera date !
Si le premier long métrage de James Wan ne parvient pas à être aussi perturbant qu’il le souhaiterait (il est toutefois, même en l’état, à fortement déconseiller à tous ceux qui n’auraient pas le cœur bien accroché…), il le doit en partie, comme on l’a vu, à Cary Elwes mais aussi à son scénario (écrit par l’autre prisonnier de la salle de bains, Leigh Whannell) qui ne parvient pas à inscrire ses scènes épouvantables dans une dynamique narrative. C’est un peu comme si les bonus d’un DVD constituaient le coeur d’un film !
SAW est symptomatique d’une certaine tendance du cinéma américain pour laquelle un début sensationnel et une fin inattendue (et il faut bien reconnaître que celle-ci, on ne la voit pas venir !) semblent avoir infiniment plus de valeur que la trame narrative elle-même.
Edmond de Saint-Pierre
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