Todd Haynes, 2003
Avec Julianne Moore, Dennis Quaid, Dennis Haysbert




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Dans les années 50 aux Etats-Unis, une famille modèle doit gérer l’éruption d’un volcan trop longtemps contenu. Brillant hommage à Douglas Sirk (ALL THAT HEAVEN ALLOWS, 1955) et à un genre cinématographique périlleux, le mélodrame, FAR FROM HEAVEN est d’abord un film très réussi. Sans le filet de l’humour ou du second degré, et au risque de sombrer dans le ridicule ou de proposer une visite de musée, c’est de manière très respectueuse que Todd Haynes rend hommage aux mélos de douglas Sirk.
La musique, les décors, les costumes ou le générique du film, tout contribue à nous plonger dans cet univers cinématographique d’une autre époque. Pourtant, plutôt que d’épouser les formes lisses de son modèle, FAR FROM HEAVEN s’en sert. En imitant un genre cinématographique un peu artificiel, le fim devient une sorte d’artifice de l’artifice. Ce qui a pour effet de conférer à tout ce qui dépasse de ce cadre apparemment strict une résonnance aussi insolite que puissante.
Et ce qui sort de ce cadre, ce sont d’abord les thèmes traités qu’il était, à l’époque, inimaginable d’aborder aussi ouvertement : vie sexuelle et racisme; mais aussi le jeu des acteurs, légèrement plus naturel qu’il ne l’était dans les années 50. En faisant craquer la belle reconstitution cinématographique, ces irruptions de vie et d’aspirations personnelles font apparaître de manière criante la cruauté d’une société conformiste qui obsédée par l’apparence et le qu’en-dira-t-on ne peut tolérer la différence.
Parfaitement dans le ton, magistralement contrôlé, et terriblement émouvant, le film se confond avec l’incroyable performance de Julianne Moore.
Edmond de Saint-Pierre
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