Luc Jacquet, 2005



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Le film retrace l’incroyable pélerinage annuel des manchots empereurs auxquels, quand il s’agit de la reproduction de l’espèce, les conditions extrêmes ne font pas peur. A un autre niveau, LA MARCHE DE L’EMPEREUR montre comment il est facile de transformer un documentaire brillant en un ridicule dramelet anthropomorphique.
Le film ne manque certes pas de qualités, images superbes, gros-plans saisissants, bébés (but de l’étonnant voyage) adorables. Avec ses paysages glacés, ses vents terribles et sa population d’oiseaux au port altier, le film invite à la rêverie. On pourrait tout aussi bien être sur une autre planète.
Par malheur, LA MARCHE DE L’EMPEREUR a choisi de faire parler trois de ces faux pingouins, une maman, un papa et un enfant. Bien sûr, je parle ici de la version finnoise qui m’a paru particulièrement irritante. Mais je ne pense pas que les voix de Romane Bohringer, Charles Berling et Jules Sitruk puissent transformer ce dramelet manchot en film parfait.
De plus, l’empereur marche au son des ordinateurs d’Emilie Simon (qui n’hésite pas à pousser la chansonnette ici ou là !). Cette musique incongrue se fait constamment remarquer et ne permet jamais au spectateur, même quand les acteurs ont la bonne idée de se taire, de s’abandonner à son émerveillement.
Film magnifique et terriblement infantilisant, LA MARCHE DE L’EMPEREUR mérite un remix.
Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net
















































