Klaus Härö, 2003 Avec Natalie Minnevik, Bibi Anderson, Marjaana Maijala




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Au Nord de la Suède dans les années cinquante une petite fille doit apprendre à faire le deuil de son père et de son enfance. Paré d’un Ours de cristal reçu au festival de Berlin (récompense attribuée par un jury de jeunes adolescents) NÄKYMÄTÖN ELINA est un film pour enfants de la meilleure veine.A bout de moyens pour faire obéir Elina, son institutrice finira par l’ignorer en la déclarant invisible à ses yeux. Mais l’invisibilité à laquelle le titre fait référence est aussi et surtout celle qui enveloppe Elina alors qu’elle se trouve dans un no man’s land, une zone diffuse, qui existe à peine entre la fin de l’enfance et le début de l’adolescence, entre la mort et la vie.Cette zone dangereuse de laquelle Elina finira par s’échapper pour pouvoir grandir a une réalité géographique. Il s’agit des marais où la petite fille aime se réfugier. Car la nature se taille dans le film un rôle important, le changement des saisons accompagne l’évolution de l’héroïne de manière viscérale.
Le conflit interne d’Elina entre l’enfance et l’adolescence se reflète dans celui qui l’oppose à son institutrice, mais aussi dans celui qui oppose le finnois au suédois. A l’école on ne peut parler que suédois car le finnois est la langue des barbares que l’école, par l’intermédiaire de l’institutrice, se charge de civiliser.
A la fois simple et composé de motifs qui se répondent élégamment, NÄKYMÄTÖN ELINA constitue un charmant spectacle et Bibi Anderson, dans le rôle de l’impitoyable institutrice, y est excellente.
Edmond de Saint-Pierre
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