Comment êtes-vous devenu musicien?
En 1981, lorsque la F.M. fut libérée , j’ai commencé mes premières émissions de radio sous le doux pseudonyme de Roudoudou. Alors étudiant en arts plastiques, j’étais plus attiré par le coté “création radiophonique” que par le micro.
C’est à ce moment là que j’ai commencé à faire mes premiers collages sonores, mes premières boucles dans la bande Revox: Jingles, génériques d’émissions, mélangeant les genres musicaux. J’avais la chance de travailler à Radio Nova, très expérimentale à l’époque .
Le goût du montage et du mixage m’a conduit à acheter un sampler au début des années 90 et je n’ai fait que continuer avec un autre outil mes bidouillages electro-accoustiques.
Et de fil en aiguille…
Quels musiciens ou artistes vous ont influencé?
Né en 1962, je suis passé évidemment par plein d’influences. Mais les musiques qui m’inspirent le plus aujourd’hui pour composer sont le reggae et le dub jamaicain, le jazz et la soul et la musique de films. Ce sont là les genres qui m’inspirent le plus mais je me suis rendu compte que j’étais aussi influencé par d’autres musiques: celles que l’on subit tous les jours comme la musique de pub ou les musiques d’illustrations sonores pour la télé. Il y a en effet de ces sons que j’ai entendu dans mon enfance, en regardant la télé (comme la guitare hawaïenne par exemple, très en vogue en ce temps là) qui me reviennent aujourd’hui comme une madeleine de Proust. J’adore toutes ces couleurs et sonorités réminiscentes des années soixante et soixante dix.
Quels sont les aspects positifs et négatifs quand on est musicien en France?
Avec la mondialisation qui n’épargne pas la musique, c’est partout pareil: le plus dur pour un musicien c’est de pouvoir vivre de sa musique. Et c’est vrai que le business de la musique aujourd’hui est global pour ne pas dire “universal”.
Il n’y a presque plus de petits producteurs indépendants, de moins en moins de lieux de diffusion, de salle de concerts. Il est donc assez difficile pour un petit groupe de pouvoir jouer et enregistrer.
L’alternative reste alors l’auto production qui est très positive.
Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais?
L’imagerie de cartes postales: le soleil de minuit sur les fjords, les lapons qui conduisent leurs troupeaux de rennes à travers les plaines enneigées sous les aurores boréales. L’image d’un peuple blond, grand et sain, proche de la nature, se nourrissant de poisson et de renne fumé et buvant de l’aquavit.
En dehors des clichés, j’ai eu la chance de faire un voyage en Islande (j’ai adoré!) et j’imagine (peut-être à tord) la même chaleur chez ses habitants. Quand on vit dans le froid, mieux vaut être chaleureux!
Quelle image avez-vous de la musique finlandaise?
J’avoue que je n’en ai pas, mais j’imagine une sorte d’ Euro-pop, comme un peu partout.
Malheureusement, la mondialisation dont nous parlions fait surtout du tort à la diversité musicale. Tout sonne pareil partout. Mais j’espère me tromper et qu’il y a une vraie identité musicale “nordique”.
Comment pourriez-vous définir votre style musical?
Electropica : un mélange de musique electronique et de rythmes ensoleillés.
Avez-vous déjà envisagé de changer de style musical?
Quel style pourriez-vous choisir?
J’essaye le plus possible d’aborder des genres différents et de les faire se rencontrer. Mais si j’adore le mélange des genres, j’espère que je garderai toujours un style propre.
De quoi parlez-vous dans vos chansons?
La plupart de mes morceaux sont instrumentaux car je n’ai pas grand chose à raconter. Comme en radio, c’est la musicalité, le mélange des genres qui m’intéresse plus que le micro.
Bien sûr j’essaye de faire passer un message de paix et d’amour , de fun et de légèreté.
Quelle est, dans votre répertoire, la chanson que vous préférez?
Il n’y en a pas. Cela dépend vraiment de l’humeur du moment. Peut-être “Just A Place In The Sun”.
Faites-vous régulièrement des concerts?
Nous avons eu la chance de bien tourner l’année dernière avec mon groupe le “Roudoudou Magic Combo”.
Préférez-vous la scène ou le studio?
Ce sont vraiment deux travaux différents. Il y a beaucoup de stress en studio car je suis assez perfectionniste et j’ai envie d’être sûr d’avoir fait les bons choix car les titres sont ensuite fixés à jamais.
La scène offre l’intérêt de pouvoir faire revivre ces morceaux, d’essayer d’autres options et surtout de bien se marrer et de faire des rencontres.
Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quel moment préférez-vous?
Comme je compose tout seul devant mon ordinateur, le meilleur moment est, comme à la scène, celui de la rencontre avec d’autres musiciens en studio. C’est un moment particulièrement festif : les musiciens sont les gens les plus rigolos que j’ai jamais rencontrés.
Une question stupide… quelle est votre chanson préférée?
Pas si stupide mais extremement difficile. J’hésite entre “Chura liya hai tum ne” par Asha Boshle pour le film “Yaadon Ki Baaraat”, et “Love Song from Mutiny On The Bounty” interprétée par Henry Mancini.
En même temps, “Ali Baba” de John Holt n’est pas mal non plus. Encore que “Sway” par Dean Martin…Et toutes ces chansons de David &Bacharach et des Beatles…
Non trop difficile!
Que pensez-vous d’Internet en tant qu’auteur / interprète?
Un bon moyen de diffusion, un excellent média. Je reçois beaucoup de courrier du monde entier par l’intermédiaire de mon site www.roudoudou.fr . La plupart des internautes qui m’écrivent découvrent ma musique par ce biais là. Je n’ai encore rien reçu de Finlande mais ça devrait venir maintenant à la suite de cette interview.
Sinon si vous faîtes allusion au problème des droits d’auteurs sur internet et du téléchargement gratuit de la musique, je n’ai rien contre même si je ne le fais pas moi-même.
Utilisez-vous un ordinateur pendant la préparation d’un titre?
Principalement. Il n’y a pas si longtemps que je suis passé de mon bon vieux Atari au Mac G4.
Quels sont vos projets?
Je viens juste d’être Papa : j’envisage donc de passer le plus de temps possible avec ma fille Ellie et sa maman, tout en travaillant sur des nouveaux titres pour mon troisième album. Cette récente paternité m’inspirant grandement.
Seriez-vous prêt à venir dans le “Grand Nord” pour faire quelques concerts?
C’est quand vous voulez!
















































