Pourriez-vous nous dire comment avez-vous décidé de devenir musicien?
Depuis mes études de clarinette classique au conservatoire de Caen, je m’étais dit que ce métier aurait pu me convenir, sans avoir pensé que cela aurait pu m’arriver. En arrivant en Bretagne, j’ai découvert un langage musical traditionnel très puissant et une culture vivante de la clarinette. Rapidement coopté dans des groupes de fest-noz, j’ai réappris différemment l’instrument. Après mon diplôme d’état d’éducateur spécialisé, j’ai pris la décision de me lancer dans l’aventure avec cette nouvelle famille de musiciens traditionnels de Bretagne. Ce qui m’a passionné à l ‘époque c’est la possibilité dans ce cadre des musiques vivantes de se réinventer un langage. Ce désir d’une “nouvelle clarinette” ne m’a plus quitté et guide depuis les étapes de ma carrière.
Parmi tous les musiciens qui vous ont influencé, quels ont été les plus marquants?
Archie Shepp, Michel Portal, Louis Sclavis, Valentin Clastrier, mais aussi Iwan Thomas.
Quels sont les avantages et les inconvénients du fait d’être musicien?
Les avantages sont une forme de liberté relative, de possibilité de création artistique, une forme de reconnaissance aussi.
L’inconvénient majeur, c’est la précarité à laquelle on s’expose.
Si je vous dis “Finlande” ou “Finlandais” à quoi pensez-vous?
Au froid
Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Non, mais je ne demande qu’à découvrir.
Et comment pourriez-vous définir votre style musical?
Une forme de musique traditionnelle fiction, improvisée…
Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Je ne pense pas qu’il ait fondamentalement changé, je pense plutôt qu’il s’est affirmé dans cette démarche, à la fois stylistique et instrumentale
Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
L’âge et un recul sur les choses…la viellesse quoi!
Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Oui, j’y pense souvent et je travaille beaucoup de musiques différentes, mais il me semble que cette manière de penser ma musique , si elle évolue, ne pourra plus changer beaucoup…car elle s’impose à moi de plus en plus.
Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
Je ne peux pas répondre à cette question. Ce que je sais, c’est que les titres que j’aime bien ne sont pas souvent les préférés des auditeurs.
Préférez-vous la scène ou le studio?
Je n’aime pas beaucoup le travail en studio. Ce qui me plait c’est le côté fugitif de la musique, ce qui ne reste pas, qui est le reflet d’un instantané et donc impossible à garder.
Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
La découverte initiale de l’histoire du morceau. Le truc, le détail qui va permettre la construction.
Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Magic Malik
Que pensez-vous d’Internet en tant que musicien?
C’est peut-être une alternative pour le musicien de se faire connaître, de montrer son travail.
Et actuellement, quels sont vos projets?
Je prépare une rencontre avec un danseur, mime, manipulateur d’objet Markus Schmid . Markus manipulera un objet de diffusion dans lequel je passerai des boucles (musicales) jouées en direct. Une histoire risquée et difficile mais qui s’annonce passionnante.
Seriez-vous prêt à venir dans les pays nordiques pour nous rendre visite?
Bien sûr mais bien couvert!
janvier 15th, 2007
Pourriez-vous nous dire comment avez-vous décidé de devenir musicienne?
Ayant un père musicien qui jouait de l’accordéon et une mère mélomane, j’ai baigné dans cette atmosphère depuis ma naissance. A 8 ans, j’ai demandé à mon père de m’inscrire au conservatoire de musique afin d’y apprendre le piano. Je rêvais de devenir pianiste mais ce n’est qu’à l’âge de 20 ans que je me suis payée des cours de musique et que j’ai commencé sérieusement à composer mes premières « vraies » créations.
Parmi tous les musiciens qui vous ont influencée, quels ont été les plus marquants?
Il m’est difficile de répondre à cette question car je ne me sens pas influencée par un compositeur ou un musicien. Je sais très bien que l’on ne vit pas dans un vase clos où sa création sera une « pure création » et qu’en fait, quoi que l’on compose à des racines, qu’on le veuille ou non, en rapport à sa culture, ses goûts, ses écoutes, son enseignement musical… et que par conséquent on est influencé par ses pairs et ses anciens. C’est une évidence. Mais citer le nom de la ou des personnes qui m’ont influencée m’est très difficile. J’ai une écoute tellement diversifiée et reçu un enseignement musical si large et si vaste que ce serait mentir de dire, c’est cette ou ces personnes. Je répondrai alors : c’est un ensemble de styles, un tout.
Par exemple, ce n’est bien souvent qu’à la fin du morceau comme celui intitulé « Blue Note » (qui a donné son nom à l’album) que je réalise que papa me faisait écouter le concerto pour flûte et harpe de Mozart quand j’avais 10 ans. Mais je n’écoutais pas que Mozart et je me souviens également avoir écouté les musiques traditionnelles des Andes que l’on peut imaginer dans le jeu de « Blue Note » au même titre que la harpe dans mon écoute des musiques celtiques et classiques.
« Social Slalom Slap Bass » est très jazz et aurait pu appartenir au registre de ma mère. Mais de là à vous répondre que j’ai été influencée par Gershwin, Bechet, Ray Charles, Miles Davis, James Brown, la vague Ragtime… Très certainement, sans doute mais lequel plus que l’autre? Je ne sais pas.
Pour « Crossing main street », un ami producteur-arrangeur m’a dit : « Ce morceau sonne comme du Jo Satriani! ». Personnellement, je ne travaille pas avec le même matériel que Jo et de plus lorsque j’ai composé ce morceau, je n’ai pas pensé un seul instant à son travail bien que je connaisse la plupart de ses albums. Quant à Jean-Claude Ferraro, le guitariste qui y joue, n’est pas réputé pour jouer dans son style. Parallèlement, un ami philosophe, pour ce même morceau m’a dit : « Tu as travaillé dans le même style que John Cage! (*)».
Donc… Pour conclure, je dirai que chacun trouvera dans mes morceaux une influence qui ne sera pas forcément celle qui m’a influencée! Un peu comme dans les explications de poésie au Bac où chacun donne sa version des faits. Je peux expliquer rationnellement mon travail, les étapes de réflexion par lesquelles je suis passée, les influences qui entourent mon univers mais pas le détail.
(*) John Cage dans les recherches sur le timbre Dès First Construction (in Metal) de 1939 ou Living Room Music de l’année suivante, les sons semblent écoutés pour eux-mêmes. Sans jamais rechercher l’effet sonore, la musique respecte et intègre les sons survenant par hasard dans la vie, en dehors de toute culture. Pourtant, Cage souligne souvent l’importance de l’action d’écouter (écoute des bruits de la ville ou de la nature…)».
Quels sont les avantages et les inconvénients du fait d’être musicienne?
Les avantages :
La musique me permet de m’exprimer au-delà des mots usuels, du langage parlé. Elle est une forme d’expression où je me sens chez moi. Dans le Sud, on parle beaucoup avec les mains, très vite, avec des accentuations de voix bien de chez nous. La musique m’oblige à rechercher un mode d’expression différent, de devenir muette et de vous parler malgré tout de mon et de notre monde, notre Blue Note. Elle est une forme de voyage. Je pourrais même y mettre un écriteau du style : «Ici, plus un bruit! On écoute les émotions qui passent… ».
C’est une chance de travailler à ses côtés. Et puis la musique me permet d’oublier un instant la réalité si terre à terre de nos vies! La musique me permet de voir plus beau, d’illuminer mes rêves!
Les inconvénients :
Devoir à chaque album se remettre en question, évoluer, être sans cesse créatif de manière à ne pas régresser, stagner. Surprendre à chaque album par la manière que l’on a d’aborder différents sujets. C’est donc très stressant et très angoissant parce que j’aime la belle ouvrage, le réfléchi.
Si je vous dis “Finlande” ou “Finlandais” à quoi pensez-vous?
Sauna! Rennes! Lapons! Nokia! Neige! Froid! Magique nuit polaire ou Soleil de minuit! Bois! Saumon! ….
Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Oui, mon père écoutait beaucoup de musique classique dont vos compositeurs. Je pense à Sibelius et sa valse triste, Bergman. Valse triste qui a d’ailleurs illustré la publicité de l’une de nos plus grandes marques de voitures françaises.
Et comment pourriez-vous définir votre style musical?
Du Magali Fortin! (voir question 2) Ce mélange d’influences qui me donne au final cette personnalité musicale si indistincte. Ce melting pot musical! Mais aussi un état d’esprit conducteur.
Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Oui, il progresse techniquement. Et l’acquisition de la technique me permet d’évoluer vers d’autres directions. Un peu comme un escalier que l’on gravit petit à petit et qui vous ouvre de nouveaux escaliers, de nouveaux chemins parallèles qui vous permettent également de revenir à votre escalier principal.
Disons aussi que les pensées de musique, d’orchestrations, qui traversent mon esprit commencent à devenir quasiment similaires à l’écoute du final, de sa réalisation concrète. Mon esprit et le résultat final finiront par se confondre. D’ici quelques années, je pense que ce sera parfait! Il y a presque une adéquation entre ma pensée et sa réalisation. Ce qui me rend heureuse. Et puis j’ai l’impression de m’épanouir vers d’autres voies que le chant et les musiques de support chanté. Je change donc de parcours pour y revenir avec d’autres idées d’orchestrations.
Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
Très positivement, être la continuité de mon cheminement musical. C’est dans ma personnalité. Je ne peux concevoir la création qui serait la même du début à la fin. Un peu comme un travail à la chaîne où je déclinerais à l’infini, le même rythme, les mêmes accords, les mêmes thèmes, resservir la même soupe. Je m’imagine difficilement faire les mêmes musiques des années durant. Tout comme, je ne pars jamais en vacances au même endroit et je ne fais jamais mes courses dans le même supermarché. J’ai horreur de la routine, elle me glace. Il y a des personnes, vous les quittez et vous les retrouvez 20 ans après identiques. Magali Fortin doit évoluer. C’est une question de survie pour mon esprit.
Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Si l’on écoute Blue Note, sur les 16 titres, il n’y en a pas un similaire. On passe du jazz, au celtique, à la musique de cirque, au bruit des marteaux piqueurs sur fond de guitare saturée… Je reste fidèle à mes objectifs, créer en fonction du thème abordé et non d’un style. Le changement ne m’effraie pas, il me rassure!
Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
Question difficile à expliquer comme la 2.
C’est un peu comme demander : lequel de vos enfants aimez-vous le plus?
Et si vous avez le malheur de répondre, vous mettez la zizanie dans la famille!
Très sincèrement, pour chaque thème abordé, je lui ai consacré autant de temps que nécessaire. J’ai essayé de donner à chaque morceau, sa personnalité, son humour quand il le fallait, le détail important. J’ai invité le ou les musiciens qui me semblaient être la pièce maîtresse au titre, celui qui pouvait amener de sa personnalité, une autre approche, avoir à chaque instant le souci du travail bien fait. Après, j’ai des petits coups de cœur pour les thèmes qui me sont chers mais c’est uniquement pour le thème et non pour la réalisation.
Préférez-vous la scène ou le studio?
Le studio est le point d’orgue de tout un travail de création, de réflexion, de choix de thèmes, d’heures de travail. C’est la rencontre entre ma pensée initiale et sa réalisation. C’est un moment magique où j’ai souvent les larmes aux yeux, un peu comme une naissance. C’est pour moi émouvant.
La scène est une rencontre entre ses créations et le public. C’est un moment de partage. C’est un moment convivial où l’on est heureux de se retrouver.
Une fois de plus, répondre je préfère l’un à l’autre m’est impossible. Ce sont deux moments complètement différents mais qui vous apportent autant de joies.
Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez? Pour quelles raisons?
Le départ, la page blanche puis la réflexion qui en suit, afin d’élaborer le plan de travail, la structure. Ce travail cérébral puis sa mise en place concrète. Quand vous avez le squelette, ensuite le travail avance rapidement, comme un puzzle, chaque pièce trouve sa place.
Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Le Boss (son best of), Beverly Jo Scott, Richie Sambora et son Undiscovered soul, Ray Charles (best of), Zucchero, Ramazotti, Bocelli, Gary Moore (Ballads & Blues)…
Vous voyez, je suis très éclectique, sans oublier la radio quand je pars au travail afin de me tenir informé de la “mode”.
Que pensez-vous d’Internet en tant que musicienne ?
Internet est une porte sur le monde. Il permet un échange culturel, une communication très facile et rapide. Il m’a permis de rencontrer des personnes formidables, des musiciens talentueux avec lesquels je n’aurais jamais pu dialoguer autrement. Par exemple, à la fin d’un concert, c’est toujours difficile d’aborder la personne alors qu’avec internet, l’étape est simplifiée.
Et actuellement, quels sont vos projets?
Je ne vais pas tarder à reprendre « Filles de Blues », mon prochain album chanté afin d’en finir les arrangements. Et puis mon site encore et toujours à mettre à jour, à finir, dont les vidéos à insérer… Sans oublier peut-être une suite à Blue Note mais pour l’instant, je n’en suis qu’à la page blanche!
Seriez-vous prête à venir dans les pays nordiques pour nous rendre visite?
Mais j’y suis déjà! Encore merci à vous pour cette ITV. En espérant que mes pas me mèneront un jour vers votre blanc pays nordique. Pays que j’aimerais beaucoup découvrir pour ses traditions, ses chamans et son charme polaire.
janvier 15th, 2007
Quand et comment a été créé le groupe?
Il a été créé en février 2003 à mon initiative, d’abord avec la pianiste Corinne. Puis le groupe s’est peu à peu étoffé, modifié, jusqu’à se stabiliser dans la formule actuelle: 4 musiciennes: chant, piano, accordéon, violoncelle.
D’où vient le nom du groupe?
D’une intense réflexion de plusieurs jours… A force de chercher, c’est ça que j’ai trouvé… Mais il ne faut y chercher aucune référence à quoi que ce soit.
Parmi tous les musiciens qui vous ont influencé, quels ont été les plus marquants?
Je réponds pour toutes les 4, pêle-mêle: Jacques Higelin, Mano Solo, Juliette, les groupes de chanson actuels, genre La Tordue, la musique trad…
Quels sont les avantages et les inconvénients du fait d’être musicien en France?
Difficile de répondre, surtout quand on ne sait rien des musiciens des autres pays, de leurs conditions de vie et d’expression… Je pense qu’on a de la chance, car des tas d’initiatives publiques sont mises en oeuvre pour aider les artistes (subventions, festivals, aide à la création…) mais c’est très difficle d’en vivre… Ce n’est pas notre cas, d’ailleurs, nous avons toutes un boulot à côté, pour l’instant.
Si je vous dis “Finlande” ou “Finlandais” à quoi pensez-vous?
Moi, je pense à ma meilleure amie qui vit là-bas depuis 2 ans maintenant… Sinon, j’imagine la neige, les saunas, le père noël, et les rennes… des clichés, quoi!
Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Non, je ne connais personne, aucun artiste finlandais.
Et comment pourriez-vous définir votre style musical?
C’est de la chanson française féminine (pas féministe, attention!)
Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Ca ne fait pas assez longtemps que le groupe existe pour parler de changements réels, mais nous évoluons peu à peu dans notre façon de créer, de jouer…
Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
Nous prenons confiance, nous nous jetons à l’eau, nous osons plus de choses… Et puis nous créons de plus en plus collectivement, ce qui élargit le champ des possibles, des influences…
Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Non, pas totalement, mais légèrement, oui… en incluant des samples, par exemple. Il y a tellement de choses à faire en musique…
Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
Alors là, tu me poses une colle… Je n’ai pas de morceau préféré, ça dépend des jours, des conditions de jeu ou d’écoute, de la conivence entre les musiciennes… J’ai un petit faible, personnellement, pour “Si j’voulais” qui raconte tout ce que je pourrais faire si je m’en donnais la peine… C’est un peu mon histoire, quoi!
Préférez-vous la scène ou le studio?
Pour l’instant, nous n’avons fait que peu de studio, mais c’est indéniablement la scène que nous préférons.
Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
… si la question porte sur l’élaboration d’un morceau, et non pas que sur son enregistrement, alors la phase la plus jouissive est la construction des arrangements, qui ajoutent de plus en plus de caractère au morceau, jusqu’à le rendre souvent encore plus beau que ce que vous aviez imaginé… car les propositions successives des différentes musiciennes sont forcément inattendues par rapport aux idées que vous avez au départ, puisqu’elles viennent d’autres personnes… et quand on a déterminé ce que chacune allait faire, on ne se lasse pas de jouer et rejouer ce nouveau morceau qu’on a l’impression de découvrir…
Je ne sais pas si tout ça est bien compréhensible, mais bon, j’ai fait ce que je pouvais pour décrire le ressenti que j’en avais!
Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Lila Downs (chanteuse mexicaine), Vachinton.g (groupe trad français), Dominique A…
Que pensez-vous d’Internet en tant que musiciens?
C’est un bon outil de communication, qui permet d’envoyer un max d’infos sans utiliser des tonnes de papiers ou de CDs, on peut y échanger des tas de choses entre musiciens et avec les professionnels de la musique, et on peut s’y faire connaître un peu.
Et actuellement, quels sont vos projets?
Nous allons commencer en septembre un travail de fonds sur la scène (son, lumières, mise en scène), car nous avons la chance d’être accueillies en résidence dans une salle de concert de Sète (la Passerelle). Puis nous enregistrerons d’ici l’année prochaine, soit une pré-prod de quelques titres, soit un album. Ce qu’on veut le plus, c’est jouer!
Seriez-vous prêtes à venir dans les pays nordiques pour nous rendre visite?
Pourquoi pas, ce serait une super expérience d’aller jouer là-bas, un vrai dépaysement! Mais ça doit être dur à organiser…
janvier 15th, 2007
Quand et comment a été créé le groupe?
Le projet est né suite à la décision d’arrêter notre ancien groupe Prohibition (nicolas laureau / fabrice laureau / ludovic morillon / quentin rollet) en 1999.
Nous avions envie de partir sur un projet instrumental et un jeune cinéaste nous a proposé de créer une bande son live pour des projections de ses courts métrages à la cinémathèque de Chaillot. Au final, le projet ne s’est pas fait mais cela a amorçé nos activité et comme nous avions enregistré une heure et demi de bandes, nous les avons sorties sur le premier et double album part1 - part2
D’où vient le nom du groupe?
Des boites d’enregistrement de ces sessions sur lesquelles nous indiquions nos initiales puisque nous n’avions pas de nom de groupe pour ce nouveau trio. Finalement, nous avons décidé de garder ce nom de code avec nos initiales, la précision qu’il s’agit d’un trio, le 3 est traduit en toutes lettres.
Quels musiciens vous ont influencés?
J’ai envie de citer en vrac Satie, Fela, Syd Barrett, Roger Watters, Fred Frith, Can, …
Quels sont les aspects positifs et négatifs quand on est musicien en France?
Il est certain que les domaines culturels sont plus défendus qu’ailleurs. Même si cela est de moins en moins vrai, la musique arrive à échapper aux affres du tout commercial et continue à constituer une sorte de bastion culturel? Nous gérons les choses avec le désir de conserver une dimension artisanale. Nous sommes des artisans de la musique comme Harmony Corine, Vincent Gallo, Godard ou Straub&huilliets sont artisans du cinéma.
Quelles images avez-vous de la Finlande et des Finlandais?
En partie celles des films de Kaurismäki, j’ai croisé des musiciens et ai des amis d’origine Finlandaise, donc je vois beaucoup de gens différents. Je suis sûr que c’est un pays magnifique, pour le moment je n’ai pas eu la chance d’y aller. J’ai hâte de pouvoir
Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Uniquement à travers les films de Kaurismäki et des 45t étonnants que j’ai trouvés à Bimbo Tower, à Paris… le meilleur disquaire indépendant français.
Comment pourriez-vous définir votre style musical?
Difficilement. Musique instrumentale à mi chemin entre rock et jazz… le tout traité dans une esthetique moderne et aventureuse
Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Je pense que tout ce que nous faisons maintenant était déjà présent dans nos anciens projets. Simplement notre musique a muée.
Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
Le temps fait ça très bien
Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Etant autididacte je n’aborde pas la musique avec l’idée de genre musical. Nous ne pourrons jamais faire de choses classiques, académiques. Nous recherchons notre voie, nous parcourons notre chemin.
Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
Tous.
Faites-vous régulièrement des tournées?
Oui, surtout à l’étranger.
Préférez-vous la scène ou le studio? Pour quelles raisons?
Les deux, ce sont deux étapes très différentes et complémentaires. Ceci dit, le studio permet d’être proches de nos familles, de nos enfants et compagnes… les tournées sont des périodes plus fatiguantes.
Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
La recherche et les arrangements.
Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Devendra Banhart, un chanteur follk americano-vénézuelien de 23 ans qui est une vértitable révélation, le “Elvis” de 2004!
Que pensez-vous d’Internet en tant que musiciens et compositeurs?
C’est très pratique pour communiquer et échanger des fichiers sons.
Pensez-vous qu’Internet représente une réelle menace pour les artistes (au sujet des droits d’auteurs)?
Non.
Quels sont vos projets?
Nous terminons la création d’un live sur “Que Viva Mexico!” de S. Eisenstein. Il s’agit donc d’un concert de 1h30 sur le chef d’oeuvre du plus grand cinéaste russe. C’est un beau projet. Nous allons donner plusieurs concerts en France et montons une tournée à l’etranger. Qui sait? peut être en finlande?
Seriez-vous prêts à venir dans le “Grand Nord” pour faire quelques concerts?
Bien sûr!!
janvier 15th, 2007
Pourriez-vous nous dire comment avez-vous décidé de devenir musicien?
Je crois que cela s’est décidé pour moi quand j’avais dix ans, après avoir entendu Jimi Hendrix (l’Île de Wight) et Les Beatles (Abbey Road). Mais cela a toujours été très difficile de m’adapter concrètement.
Parmi tous les musiciens qui vous ont influencé, quels ont été les plus marquants?
Pour les influences c’est difficile à déterminer parce que j’ai écouté des musiques très différentes. J’ai beaucoup écouté la scène pop rock anglaise des 70’s, aussi bien T-rex, Bowie, que Robert Fripp, Brian Eno, etc.. Mais aussi le Niel Young, the Velvet Underground, Lou Reed, Iggy pop, the Residents, Frank Zappa, etc.. Parmi les Français j’ai écouté Brel,
Gainsbourg, Brassens. Mais je n’essaie pas d’imiter.
Quels sont les avantages et les inconvénients du fait d’être musicien en France?
Le marché et les structures permettent de vivre, et donc de faire de la musique, à un petit nombre. Aujourd’hui il y a un paradoxe français, parce qu’on “consomme” des disques d’artistes étrangers qui sont importants dans leur propre pays, alors que les artistes français qui ont du crédit chez les Anglo-Saxons, sont ici en marge.
Si je vous dis “Finlande” à quoi pensez-vous?
La nature, les forêts, des espaces, le ski, la neige, le sauna,
Jean Sibelius, Aki Kaurismäki, des jours sans nuit et des nuits sans fin.
L’architecture, le design, le cinéma, les groupes de death métal.
Quelles images avez-vous des Finlandais?
Un peuple de traditions, proche de la nature, avec un grand dynamisme culturel.
Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Malheureusement peu, mais j’ai écouté quelques extraits sur le net et j’aime bien “Children of Bodom” par exemple.
Et comment pourriez-vous définir votre style musical?
Disons que j’ai du style, mais pas d’appartenance. Je me situe quelque part entre le rock, la pop, la chanson et l’électro. Dans ce sens, je me sens proche de quelqu’un comme Brian Eno.
Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Je reste fidèle à ce que je suis, c’est à dire que mon style musical change comme je change, ce n’est pas un choix commercial ou tactique.
Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
J’aime bien explorer ce que la technique met à notre disposition. Le magnétophone multipiste, le direct-to disque, les synthés, samplers, l’informatique, et l’électronique en général sont les partitons modernes sur lesquelles j’écris. Ma musique évolue avec.
Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Je pourrais enregistrer avec plaisir un disque plus live, ou même de guitare acoustique, mais je ne me pose pas ces questions. J’ai entendu récemment l’interview d’une artiste qui disait qu’elle faisait du Radio Head pour tel disque, et du je-ne-sais-plus-quoi pour tel autre.
Pour mes disques je me cantonne à du Jean-François Coen.
Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
La Tour de Pise, Pepita, Camille, Un film Snob pour Martien, Calamity Jane, Vive l’Amour. Je ne sais pas, je ne peux pas répondre. Parfois je les trouve vraiment jolies. Il m’arrive aussi de ne pas pouvoir les écouter.
Préférez-vous la scène ou le studio?
Je n’ai pas assez d’expérience de la scène, ou alors quand je jouais de la basse dans un groupe de rock. Un concert sur deux se terminait par une bagarre générale. Ça ne me laisse pas des très bons souvenirs.
Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
Les maquettes, l’écriture. Lorsqu’une chanson, un titre ou une idée prend forme. En fait ce qui apparaît vite, sans laisser le temps de douter. Les errements peuvent se révéler très pénibles.
Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Captain Beefheart. Dimanche prochain je vais voir Vic Moan. Il n’existe qu’un disque de lui, je vais à ses concert comme on met un CD sur sa platine. Prodigi. Un tromboniste qui s’appelle Rico.
Ce qui me tombe sous la main. Au début des années 80, j’écoutais tout le temps une K7 sans titre. Et de temps en temps je demandais à un disquaire, “Est-ce que vous connaissez une chanson avec une partie de cuivres qui fait tatatatatatatata…”. C’était Youssou N’Dour.
Que pensez-vous d’Internet en tant que musicien?
Où que l’on se trouve, cela rend accessible tous les catalogues des musiques enregistrées quasi instantanément. C’est un progrès qui n’est pas sans conséquences sociales. Je n’apprécie pas le discours des majors qui se prévalent du droit des artistes pour défendre leur monopole, mais je préfèrerais qu’on achète mes chansons évidemment. C’est difficile de déterminer la part d’internet et des copies dans la crise du disque.
Et actuellement, quels sont vos projets?
Constituer un groupe pour la promo live.
Seriez-vous prêt à venir dans les pays nordiques pour nous rendre visite?
J’adorerais.
janvier 15th, 2007
Documents précédents
|