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« Turku est une ville qui a brûlé des dizaines de fois au cours de son histoire ; nous nous apprêtons une fois encore à prendre feu, mais cette fois, nous allons brûler du grand feu de l’enthousiasme et de la joie du rendez-vous que nous avons avec l’Europe. »

Le Conseil des ministres de la Culture de l’UE a entériné le 16 novembre dernier le choix de Turku comme Capitale européenne de la Culture en 2011, l’autre ville promue pour l’occasion étant Tallinn. Nous avons interviewé Kaija Hartiala, adjointe au maire de Turku, et Suvi Innilä, chef de projet,afin d’en savoir plus sur les préparatifs de ce projet et son état d’avancement.

Le projet « Capitale de la Culture » est l’affaire de tous les habitants de Turku

Turkulaiset juhlivat kulttuuripääkaupunkinimitystä Aurajoen rannalla 20.11.2007. Kuva: Kimmo Metsäranta.La rivière Aurajoki a pris feu déjà le 17 novembre.  Photo: Kimmo Metsäranta.

« Au cours de son histoire, Turku a brûlé près de 30 fois, le dernier incendie remontant à 1827. Nous avons choisi un slogan faisant référence au feu afin d’exprimer l’idée du renouvellement et de la flamme de l’enthousiasme qui nous anime face au défi de faire de 2011 une année inoubliable pour tous les européens », nous dit Suvi Innilä, chargée de suivre le projet « Capitale de la Culture » depuis 2004. « On sent vraiment à Turku une forte volonté de réussir. Toute la ville a participé à la conception du projet, dont nous avions jeté les premières bases dès 2001 », poursuit Kaija Hartiala.

L’ensemble du processus de candidature a été mené dans la transparence et à travers une large coopération entre professionnels de la culture, du tourisme, des sciences, de la communication et de l’urbanisme. « A la suite de notre appel public à projets en 2005, nous avons reçu environ 500 propositions, dont 35 vont être mises en œuvre », indique Kaisa Hartiala. Cet appel à projets et à idées a suscité des propositions tant de la part de citoyens lambda que de diverses associations, d’entreprises ou d’acteurs du secteur public. « Le projet Turku 2011 se réfère à la culture au sens large : nous n’entendons pas par là uniquement la culture et les arts dans leur acception traditionnelle, mais en tant qu’élément constitutif de la vie sociale, avec l’importante incidence qu’a la culture sur la qualité de vie des gens, et aussi sur l’économie en général », ajoute Innilä.

Une vision qui entraîne Turku jusqu’en 2016

Le projet « Capitale de la Culture » ne se limite pas qu’à une seule année : un calendrier a en effet été arrêté avec pour objectif que d’ici 2016, Turku se soit affirmée comme étant en pointe non seulement pour les sciences et les arts, mais aussi en matière de coopération entre les différents acteurs de la région baltique ; à plus long terme, les objectifs que se fixe la ville sont le développement de l’économie créative et une importance accrue à accorder à la promotion de la culture finlandaise à l’étranger. « Le Finland Futures Research Center, structure fonctionnant au sein de l’Ecole Supérieure de Commerce de Turku, a évalué que le chiffre d’affaires de l’économie créative peut connaître une progression annuelle de 6% ; le projet Capitale de la Culture est pour nous une occasion toute trouvée de renforcer l’image de Turku et de toute la Finlande à l’étranger, et d’exporter la culture finlandaise », souligne Hartiala.

Au sein de l’offre diversifiée et des 250 à 300 projets qui vont constituer le programme de Turku 2011, Hartiala et Innilä tiennent à mettre en avant les animations ayant pour thème l’archipel de Turku, ainsi qu’une série de concerts prévus pour se tenir au pied des phares implantés sur les îles situées au large de Turku : « Notre atout numéro un est le bel archipel de Turku, mais en même temps, nous allons soulever la question des problèmes environnementaux en Mer Baltique, sujet de préoccupation qui concerne l’ensemble de l’Europe ». Quant aux événements de l’Archipelago Art EXPO, ils mettront l’archipel en valeur de différentes façons, notamment à travers des effets artistiques à base de jeux de lumière sur un pont reliant deux îles, ou une exposition photographique qui se tiendra dans le cadre d’une cabane de pêcheur. Organisée sur certaines petites îles de l’archipel de Turku, la série de concerts « Loisto » (« L’Eclat », en référence aux phares qui règnent sur ces îles) proposera une programmation comprenant par exemple de la musique de chambre ou du jazz ; à noter que les îles seront accessibles en bateau à la fois depuis Stockholm, Saint-Pétersbourg, Tallinn et Rostock. Au nombre de douze, la série de concerts culminera avec un concert en plein air qui se tiendra au milieu des ruines de la forteresse de Bomarsund.

La Baltique, trait d’union culturelle

Turun linna. Kuva: Turun kaupunki.Château de Turku était construit il y a 700 ans. Photo: Ville de Turku.

Turku et Tallinn ont une histoire commune ainsi que des liens linguistiques du fait du cousinage entre le finnois et l’estonien, et elles sont également géographiquement proches l’une de l’autre : 240 kilomètres les séparent, les deux villes étant par ailleurs riveraines de la Baltique. « Nous coopérons avec Tallinn en faveur de la région baltique en œuvrant à la promotion de la région tant en Europe que dans le reste du monde », observe Hartiala.

Les projets de coopération entre Turku et Tallinn n’ont pas de précédents dans l’histoire des Capitales européennes de la Culture ; même si chacune des capitales propose un programme distinct qui ne relève que d’elle, le contenu et le calendrier des événements a donné lieu à concertation, jusque pour les thèmes complémentaires choisis par les deux villes : le feu pour Turku et l’eau pour Tallinn.

Les objectifs des Capitales de la Culture se rejoignent eux aussi : outre le développement de l’économie créative, Turku et Tallinn visent une qualité de vie accrue pour leurs habitants, à travers une amélioration de l’environnement naturel et urbain, et la mise en avant des effets bénéfiques de la culture sur la santé collective. « La créativité apporte un surcroît de contenu à  la vie des gens et augmente leur qualité de vie. La culture est d’ailleurs perceptible partout, que ce soit dans la cuisine, les activités sportives, ou même à travers la conception navale », insiste Innilä.

La rivière Aurajoki en feu pour la cérémonie d’inauguration

La cérémonie d’inauguration de l’année festive 2011 aura lieu sur les berges de la rivière Aurajoki  le 15 janvier, à 20 heures 11 : les bateaux et les barges de la rivière donneront alors le signal de la Symphonie de l’Aurajoki par un concert de sirènes, auquel se joindront les cloches des églises de la ville, les cloches de la Cathédrale venant apporter une touche finale au chœur des sonorités. Dans le même temps, la rivière Aurajoki entrera en incandescence ; lorsque les effets lumineux auront atteint le port, un portail symbolique s’illuminera à son tour en signe d’amitié avec les villes baltiques traditionnellement partenaires de Turku : Mariehamn, Stockholm, Saint-Pétersbourg, Tallinn, Dantzig, Riga et Rostock, où des mises en lumière se produiront au même moment autour du thème de l’amitié entre riverains de la Baltique. Le lendemain de l’inauguration, les festivités se transporteront dans les jardins et parcs de Turku, où des patinoires auront été aménagées pour les visiteurs, entre autres animations prévues.

Quant à Tallinn, elle aura procédé à sa cérémonie d’inauguration dès la veille, soit le 14 janvier, avec le thème de l’eau pour emblème. A cet égard, les officiels de Turku qui ont présenté la candidature de leur ville au statut de Capitale de la Culture avaient bien insisté dans leur argumentaire sur le fait que les cérémonies d’inauguration des deux villes allaient marier le feu et l’eau, et que l’addition de ces deux éléments pouvait signifier autre chose que le sauna.

Source . www.finlande.be

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