L’exposition de bijoux« Challenging the Châtelaine » s’est ouverte le 9 février au Musée du Design de Gand ; les 78 artistes participants y présentent leur interprétation actualisée de la chaîne de taille. Lesté d’un trousseau de clés, cet accessoire porté traditionnellement autour de la taille par la châtelaine et qui symbolisait son pouvoir, est aujourd’hui traduit en différentes déclinaisons par les artistes, que ce soit sous forme de broches, de pendentifs ou de sculptures miniatures. La créatrice de bijoux Terhi Tolvanen nous livre sa propre interprétation.
Chaque artiste s’est choisi son « modèle » personnel destiné à l’inspirer pour la création de son bijou. Il a été convenu que pourraient servir de modèle des personnages connus de l’histoire ou de la période contemporaine, comme des acteurs, des dirigeants politiques ou des philosophes, mais aussi des héros de bandes dessinées ou des membres du cercle amical ou familial de l’artiste lui-même. C’est ainsi qu’entre autres Léonard de Vinci, Arnold Schwarzengger, George W. Bush, Maria Callas ou Carl von Linné, mais aussi les personnages fictifs de Shrek ou de Cendrillon, se sont vu dédier leur bijou.
Le bijou de Juhani Heikkilä “No logo” s’inspire du livre éponyme de Naomi Klein. Photo: Rauno Träskelin.
La création de bijoux finlandaise est représentée à l’exposition par Juhani Heikkilä et Terhi Tolvanen. Pour concevoir son bijou baptisé « No logo », Heikkilä s’est référé à la journaliste, auteur et activiste canadienne Naomi Klein et à son ouvrage éponyme paru en 2000, une critique du consumérisme et du pouvoir des marques multinationales, considérée aujourd’hui comme le manifeste du mouvement antiglobalisation.
Etablie à Amsterdam, Terhi Tolvanen est allée pour sa part chercher son inspiration chez le peintre Claude Monet, l’un des fondateurs de l’Impressionnisme : « La série des Nymphéas de Monet, que j’ai découvert à Paris, a été ma première grande expérience artistique ; j’ai aussi eu à cette occasion la révélation de la charge émotionnelle que pouvaient véhiculer les œuvres d’art. Lorsque j’ai entamé mes études, je n’avais pas spécialement en ligne de mire de devenir artiste, d’autant que je savais déjà à l’époque que ce n’était pas un choix facile. Mais c’est peut-être fondamentalement l’expérience de la peinture de Monet qui m’a amenée à devenir créatrice de bijoux », explique Tolvanen.
La vision qu’a Terhi Tolvanen de la chaïne de taille tient du minimalisme: la seule référence au symbole médiéval est une simple chaïne en or. Photo: Rauno Träskelin.
Les bijoux de Terhi Tolvanen conjuguent plusieurs matières différentes : ainsi, le bijou Claude Monet fait intervenir le verre, le bois, le coton, la tourmaline et l’or. « Le choix de ces matières est lié aux grands thèmes qu’on retrouve dans mes bijoux : en bref, la relation entre la nature et l’être humain, et l’influence de celui-ci sur la nature », indique Tolvanen, qui a étudié à l’Académie Gerrit Rietveld à Amsterdam. « A l’Académie Rietveld, l’accent portait fortement sur le contenu, à savoir, c’est la technique qui est au service de l’idée, et non l’inverse. Je suis ensuite restée à Amsterdam, car c’est l’un des centres mondiaux du bijou contemporain. Les créateurs de bijoux hollandais sont parmi les plus réputés au monde, et il se passe beaucoup de choses dans ce domaine aux Pays-Bas », ajoute Tolvanen.
L’expo « Challenging the Châtelaine » a été organisée par Helen W. Drutt English, une expert en bijoux de Philadelphie, qui avait aussi conçu l’exposition « Brooching it Diplomatically » en lançant un concours entre artistes destiné à créer une broche à l’intention de Madeleine Albright, l’ancienne Secrétaire d’Etat américaine.
L’exposition est visible à Gand jusqu’au 27 avril 2008, après quoi « Challenging the Châtelaine » poursuivra son parcours aux Pays-Bas, avant d’être présentée au printemps 2009 aux Etats-Unis.
Information supplémentaire
Design museum Gent
Terhi Tolvanen
Source : www.finlande.be







